A Charles FRÉMINE
Charles FRÉMINE eut un destin singulier. il ne lui fut donné ni de voir le jour à Bricquebec, ce pays dont il a dit amoureusement " un nom rude, mais qu'il est doux d'entendre", ni de connaître le repos "d'un bon lit de six pieds, fait de terre normande". Fils d'un employé des contributions indirectes et de Aimée, caroline LE BIS, une cotentinaise de vieille souche, qui avaient dû elire domicile à VILLEDIEU, selon les caprices d'une mutation administrative où il naquit le 3 mai 1841. Dépourvu de rentes, on ne peut vivre de grand air et de poésie. Suivant l'exemple de son aîné, il entra au service des contributions, dans un emploi qui ne lui inspirait aucun attrait. "Vive la régie, qui fait boire de l'eau de vie", rimait le jeune rond de cuir dont la carriére fut brève. Il se réfugia dans le journalisme, besogne qui convenait mieux à ses talents de chroniqueur fantaisiste, de conteur primesautier. Arrivé à PARIS en 1868, il mena une existence de célibataire bon vivant interrompue par la guerre de 1870, à laquelle il prit part comme volontaire dans la légion d'artillerie commandée par le colonnel SCHOELLER. Journaliste, charles collabora à la Revue u Mone nouveau, à l'Artisite, à la Jeune France, à L'Officiel, à la Renaissance et au Rappel, où il fut chargé e la critique 'art. A la fin de sa carriére, il assurera encore une chronique aux Annales Politiques et Littéraires où son nom figure, à la date du 16 juillet 1899, sous un compte rendu de prises d'armes à Longchamps qui le conduisit à de fort libres digressions sur la célébration dde la fête nationale. Son frére Aristide, victime de l'avancement, quitta Suresne pour Issy-les-moulineaux où il mourut subitement un soir de décembre 1897. Solitaire et déjà atteint par la maldie, charles éprouve une attirance toujours plus vive pour le pays de Bricquebec et de Carteret. Il souffre d'un cancer à la gorge. Le 9 juin 1906, il achéte chez l'armurier un révolver, préférant la mort à une agonie lente. Le lendemain, il aurait dû subir une trachéotomie. On le trouva mort dans son cabinet de travail de l'appartement qu'il occupait, rue d'Assa. Il avait exprimé le souhait d'avoir une sépulture commune avec son frére, à Bricquebec, voeu dont le sort empêcha la réalisation. Merci à Pierre LEBERRUYER
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